En ce début d’avril, dans le contexte des célébrations du cinquantenaire « des indépendances africaines», le panafricanisme s’est extirpé des débats intellectuels et des conciliabules politiques, pour s’imposer au monde, sous la forme d’une impressionnante famille de cuivre, érigée dans la banlieue de Dakar, au lieudit « les Mamelles », dans une évidente symbolique du triangle damné de la Traite Négrière. Dressé sur le nez de l’Afrique, en son point le plus proche de l’Amérique, le monument est tourné vers l’Europe. Les délégués de la Diaspora y ont été particulièrement sensibles. L’événement n’est pas banal. Il marque à jamais la mémoire du monde. Pour le peuple le plus outragé de tous les temps, c’est un Moment d’Histoire
1. Visibilité d’une ambition
L’ambition est désormais visible. Le Monument de le Renaissance Africaine (MORENAF) dit au monde, du haut de ses 152 mètres au-dessus du niveau de la mer, la vision d’Afrique unie. Ce monument est, désormais, le (haut) représentant de l’Afrique parmi les grands identifiants monumentaux des nations du monde : la Tour Eiffel de France, la Statue de la Liberté d’Amérique, le Christ de Corcovado du Brésil, l’Atomium de Belgique, le Jet d’Eau du Lac de Suisse, et les grands anciens que sont les Pyramides d’Égypte, la Grande Muraille de Chine et le Taj Mahal d’Inde.
Ces grands identifiants sont admirés et courus pour ce qu’ils représentent, leur esthétique, leurs dimensions, leurs énigmes ou même leurs mystères ; mais, jamais pour leur coût, dimension circonstancielle éphémère, que ne retient pas l’Histoire. Exprimant la vision d’une génération, ils suscitent les fiertés et alimentent les ambitions au fil du temps, contribuant aux mythes fondateurs des grandes nations. Le coût social de certains d’entre eux a été considérable, y compris de dramatiques violations des droits… d’aujourd’hui. Aucun militant des droits humains ne s’en est jamais préoccupé en les visitant. Parce qu’à l’échelle du temps, les préoccupations conjoncturelles ne leur sont pas opposables. La relativité des intérêts est évidente.
Comme toute œuvre humaine, chacun de ces identifiants prestigieux a été de l’initiative d’un homme, souvent incompris, avant la sanction favorable du temps. Il est évident que la puissance moderne du vieil Empire du Milieu tire son énergie de l’esprit et de la volonté qui ont permis la Grande Muraille de Chine.
La Statue de la Liberté éclairant le monde symbolise une terre ouverte de libertés et une nation convaincue d’une mission universelle de les défendre, Sans ce don de la France à leur jeune révolution, les États-Unis ne seraient pas la première puissance du monde, qu’ils sont aujourd’hui ; attractive de détresses et de talents du monde. Un autre apologue de cet « esprit de monument » est le cas de l’Arc de Triomphe de l’Etoile. Né de la « mégalomanie » de Napoléon 1er, il est aujourd’hui, le cœur de symbole de la République Française et son plus solennel incitateur de performance.
Au cœur de la forêt de Tijuca, à plus de 700 m d’altitude, aussi bien que dans la morne plaine d’Agra, le musulman que je suis a éprouvé la même émotion et le même respect, aussi bien devant l’imposant Christ de 30 mètres de haut et 1.200 tonnes en ce pic du Corcovado, que face à la douce merveille d’architecture islamique de Taj Mahal, tout en marbre blanc ornés de versets coraniques en incroyables incrustations d’orfèvrerie, et qui n’est, pourtant, qu’un simple mausolée d’amour. Ces deux monuments ont en commun de porter une foi forte et une ambition de singularité perpétuelle, dont la puissance de pierre n’est pas étrangère aux performances du Brésil et de l’Inde d’aujourd’hui.
Par son allégorie d’Afrique sortant des entrailles de la terre, pour aller vers la lumière, le MORENAF également, suggère une prodigieuse aventure collective pour le peuple du continent au le plus opprimé de l’histoire humaine :
1) la reconquête et la sauvegarde de la dignité ;
2) l’unité par le renoncement au morcellement colonial ;
3) la participation paritaire active aux progrès du monde.
Ces trois objectifs sont stratégiques et se suffisent en Charte de l’Afrique. Parce qu’ils sont la substance du projet des États-Unis d’Afrique, son ipse, en quelque sorte. La jeunesse est particulièrement concernée.
Il est heureux qu’un homme ait donné une réalité symbolique durable à ce projet, que son abstraction apparente a longtemps desservie et amoindrie. Aujourd’hui, par sa visibilité, l’ambition suscite les questions essentielles et favorise les engagements et l’action tout au long des générations.
L’initiative exprime un sens de l’histoire, malheureusement si rare chez nos hommes d’État, plus portés à boucher les nids-de-poule qu’à construire des autoroutes durables. Le sens de l’histoire fut pourtant la caractéristique de nos Grands aïeux de l’Égypte africaine qui a fécondé le savoir universel. Toutes choses étant égales par ailleurs, il n’est donc pas prétentieux que nous veuillons, nous aussi, ériger nos mythes, de notre temps, comme le font tous les peuples qui impriment au monde le progrès. Sinon, dans une civilisation désormais normée, la vacuité de l’espace africain en témoignages physiques durables de ses ambitions, de ses triomphes et de témoignages de grandeur, persistera à nourrir des « discours de Dakar ». Sans mythes fondateurs, le mépris ne cessera pas d’être le lot de l’Afrique.
Est-il est possible à un seul homme de vaincre toute une armée avec un marteau ? Bien sûr que non. Et pourtant, la puissance dont nous célébrons la fin de la présence souveraine sur notre sol doit beaucoup d’exister au mythe de Charles Martel à Poitiers.
2. Africanité et utilité
La construction de cet ouvrage est remarquable en concept dynamique d’arrachement. Il traduit bien l’urgence à quitter l’état de peu de gloire et de faible productivité de l’Afrique Mais l’œuvre n’est pas indemne de critiques justifiées, notamment sur une esthétique évidente du « Tcheulima » Nord-Coréen, réductrice d’africanité.
En effet, le « trait » de cet art nègre, dont la singulière expression a fortement influencé l’esthétique moderne, aurait favorisé une identification populaire plus spontanée et une appropriation naturelle de l’ambition figurée.
Par ailleurs, l’interprétation de la symbolique de cette famille à un enfant, à la vêture si différente des traditions locales sénégalaises est un domaine de pédagogie active, sur l’Afrique et sa foisonnante diversité ethnique, culturelle et religieuse, à l’intention d’une population locale où la laïcité constitutionnelle, générale en Afrique subsaharienne, est parfois insuffisamment assumée.
L’ouvrage est un symbole. Mais pas seulement. C’est également un lieu d’activités d’utilité sociale et culturelle. Il se découvre, en fait, comme un original complexe multifonction, développé par l’architecte GOUDIABY Atepa, le grand chef d’orchestre de cet immense projet. Autant les structures fonctionnelles qu’il comporte (salles et espaces, etc.) que les propriétés physiques de l’ouvrage lui-même, constituent un champ étendu d’applications, dont la diversité ne dépendra que de l’imagination de ses exploitants. Il possède, ainsi, une évidente capacité de génération de revenus et de contribution au développement.
3. Priorité et opportunité
Réserves et contestations sont le lot traditionnel et légitime des grandes initiatives, qui sortent de l’ordinaire ; la subjectivité d’un rapport coût/utilité incorrectement appréhendé leur est, généralement, défavorable, ce qui les fait considérer comme des « inopportunités non prioritaires » de leur temps. Parmi les exemples célèbres, et de nature différente, l’on peut citer :
La Tour Eiffel : un projet de 7,8 MFranc-or, dans cette France de la fin du XIXème où la pauvreté était le lot du plus grand nombre. Aujourd’hui, le prestige et l’utilité de l’ouvrage, sa signification pour la France et des Français et son apport économique démontrent la bonne vision du gouvernement qui l’a initié.
Le programme spatial Lunaire : son initiateur n’avait aucune idée du coût d’une aventure, dont les apports dans tous les domaines de l’économie et de l’activité humaine d’aujourd’hui sont incommensurables. Il y a un demi-siècle, l’ambition du président John F. Kennedy était « insensée » pour ses millions de concitoyens pauvres, et « incompréhensible » pour la plupart des Américains.
La conférence des États Africains de mai 1963 : l’organisation de cet événement, fut « un fait du prince » coûteux pour ses sujets en majorité misérables. En favorisant la création de l’OUA et le choix d’Addis Abeba comme siège, le « roi des rois » a accéléré l’essor économique de son pays et l’amélioration impressionnante des conditions de vie générales. La vision de l’Empereur Hailé Sélassié 1er, de prestige de son pays et d’idéal d’Afrique unie, avait pourtant parue une incongruité, sans rapport apparent avec les préoccupations de la majorité des Éthiopiens.
Ces exemples montrent la légitimité de la polémique sénégalo-sénégalaise, mais également la nature de la sanction du temps, et un certain nombre d’enseignements utiles :
• tout ordre de priorité est susceptible d’une remise en cause, au profit d’une opportunité avantageuse ; celle-ci paraît avoir été, ici, la l’offre originale de troc de package de réalisation clé en main contre des ressources foncières publiques, sans préjudice pour les ressources de financement social régulier.
• par nature, ce type de réalisation n’est pas opposable aux actions programmées de développement, qu’il supporte dans ses fonctions intemporelles de motivant touristique et de facteur d’attractivité. Les apports de la Maison des Esclaves de Gorée est un exemple de leur intérêt économique.
Par ailleurs, des emplois ont été créés sur le projet, comme ils le seront, pour plusieurs générations, dans les projets de valorisation des périmètres fonciers transférés et les activités qu’ils porteront.
Le droit d’auteur est également une question du débat sénégalo-sénégalais. Le président WADE, qui l’aurait fixé au tiers des recettes d’exploitation, sans objectif d’enrichissement personnel, l’aurait intégralement dédié à la Fondation de la Case des Tout-petits, un programme de son initiative, en faveur de l’éducation préscolaire. Un débat de juristes avec l’auteur, qui en est un éminent.
4. Précédent prestigieux
« Nous venons, écrivains, peintres, sculpteurs, architectes, amateurs passionnés de la beauté jusqu’ici intacte de Paris, protester de toutes nos forces, de toute notre indignation, au nom du goût français méconnu, au nom de l’art et de l’Histoire français menacés, contre l’érection, en plein cœur de notre capitale, de l’inutile et monstrueuse Tour Eiffel, que la malignité publique, souvent empreinte de bon sens et d’esprit de justice, a déjà baptisée du nom de « Tour de Babel » (Le Temps 14/02/1887).
Parmi les pamphlétaires, Guy de Maupassant, Sully Prudhomme, Leconte de Lisle, Paul Verlaine, et notre parent Alexandre Dumas fils. Esprits brillants, plumes prestigieuses et bonne foi, contre l’esthétique, la symbolique et l’opportunité d’une nouveauté.
On sait la sanction du temps pour ce que Paul Verlaine a appelé « ce squelette de beffroi », de 7 500 tonnes de charpentes métalliques et 2 500 000 rivets. On a de la peine à imaginer la France sans cette Grande Dame du Champs-de-Mars, inaugurée en 1889 et qui devait être démantelée au bout de 20 (vingt) ans. Les parisiens et le monde l’ont admirée et adoptée. Nous lui devons de grands progrès en météorologie et technologies de communication. D’autres aventures de monuments pourraient être citées.
5. La croyance en question.
A ses détracteurs, Jean Eiffel s’est demandé : « Et pourquoi ce qui est admirable en Égypte deviendrait-il hideux et ridicule à Paris ? Je cherche et j’avoue que je ne trouve pas. » De la même manière, l’on pourrait se demander : « pourquoi ce qui fait l’objet de nos curiosités coûteuses et empressées, à Paris et ailleurs, devrait être prohibé chez nous ? »
En contexte, et concernant le MORENAF, cette question induit un débat d’ordre confessionnel, inattendu et inapproprié dans un État laïque et un monde dont la sécularisation ne se discute plus. L’image y est omniprésente (dessins, peintures, photos, cinéma, télévision, statues, mausolées), y compris dans les États confessionnels. Le voisinage quotidien d’œuvres d’art plastique, souvent dénudées, qui peuplent les cités d’Europe d’Amérique et d’Asie n’empêchent pas des millions de musulmans de tous les États du monde, y compris les plus rigoureux, à y être des résidents permanents, citoyens ou non, ni à y passer de coûteux séjours. Modération. L’essentiel est dans l’intention.
« Les récompense des actes dépendent des intentions, et chaque personne recevra la récompense conformément à ses intentions… » Hadith selon ‘Umar bin Al-Khattab (Radi-Allahu 'anhu) rapporté par Bukhari (Vol. 3 : N° 706).
6. Misérabilisme paralysant
Il est de la responsabilité de chaque Africain, aussi bien du continent que de la 6ème région , de traduire la symbolique du MORENAF en réalisations concrètes. Son adoption mondiale est déjà acquise, puisqu’il peut prétendre à une inscription au Patrimoine de l’Humanité, selon le représentant de l’UNESCO dans son adresse à l’inauguration.
Naturellement, une telle réalisation scelle dans le bronze le nom de son initiateur, le président Abdoulaye WADE, en l’occurrence. C’est une fierté sénégalaise et africaine pour, au moins, les 50 prochaines générations, qui auront à hisser l’Afrique au rang de superpuissance du monde. Elle en possède les moyens potentiels.
En suggérant la volonté de l’Afrique à poser ses pas sur ceux des nations de progrès, le symbole serait structurant d’un nouvel esprit et, par conséquent, incitateur d’une nouvelle économie, en rupture avec le misérabilisme cinquantenaire de politiques de peu d’ambition ; qui n’ont pour objectif (d’ailleurs exogène) que de réduire l’extrême pauvreté. La pauvreté ordinaire paraît ainsi entendue comme la constante stratégique pour un statut de fournisseur passif de matières premières, interdit de développement et voué à la compassion du monde.
C’est ainsi que toute initiative novatrice, volontariste et apte à placer l’Afrique sur une trajectoire ascendante, est raillée, avant d’être réduite en dangereuse prétention non prioritaire. Mon expérience personnelle de co-initiateur et de coordonnateur de projets technologiques et industrielles régionaux potentiellement structurants me permet d’en parler. Un porteur de vision africaine de progrès comme le président Wade, promoteur d’industries manufacturières locales, nous avait manqué.
Tant que l’Afrique, seule région dénucléarisée du monde, n’aura pas la capacité de s’arracher de la pesanteur, elle ne changera ni d’image ni de statut. Or, ce continent d’un milliard d’habitants est inexplicablement hésitant devant les sauts décisifs du décollage.
Malgré la solennité des paraphes au bas de l’Acte Final de Lagos, le Plan d’Action de Lagos (PAL) a été un retentissant échec. Vingt ans plus tard, le NEPAD ne paraît pas avoir de sort meilleur. Parce que l’Afrique a toujours attendu, et attend d’ailleurs ce qu’elle possède en biens propres : les idées, les compétences et les ressources.
Il suffit, pourtant, que cette Afrique prenne conscience qu’elle n’a d’amis qu’elle-même. Et que son développement ne procédera, d’abord, que de sa volonté politique, de ses sacrifices et initiatives propres, en symboles mobilisateurs et en investissements durables endogènes, générateurs d’activités locales et d’emplois pour sa jeunesse. Seuls des Africains pétris des réalités de leur continent, en première ligne, lui apporteront, avec l’engagement durable qui convient, les solutions techniquement appropriées, structurellement efficaces et durablement profitables. Les solutions exogènes ont prouvé leur capacité d’appauvrissement local, faisant de nos professions de foi de simples pages de discours. Les aînés, Kwame Nkrumah, Joseph Ki-Zerbo, Cheikh Anta Diop, l’avaient prédit. Ils ont eu raison.
7. Incompréhensions et téranga
Maintenant, l’Afrique est face à elle-même. Elle affirme, pour la première fois, dans le métal durable scintillant au soleil, et face à ce monde qui l’a tant exploitée, son ambition forte de s’arracher du mépris. Après la fête, le message du Monument de la Renaissance Africaine est à traduire en volonté proactive dans tous les États. Parce qu’il s’agit du destin du continent Noir, tracé par les Grands Faiseurs d’Afrique.
Parmi eux, le parangon de la bataille pour les États-Unis d’Afrique, Kwame NKRUMAH, dont le présidant Abdoulaye WADE se réclame, et doit être considéré, avec raison, l’héritier, est maintenant la fierté de son pays, une référence identitaire de chaque Ghanéen et une source d’inspiration de tous les Africains préoccupés de leur devenir et de leur dignité. Il est mort en exil. Incompris.
Le professeur Cheikh Anta DIOP, savant émérite et scientifique iconoclaste, fait également aujourd’hui la fierté du Sénégal et de l’Afrique et sa Diaspora. Sa vie a été une sorte d’exil intérieur, victime d’ostracisme idéologique pour son refus des conformismes falsificateurs et dégradants. C’était un panafricaniste, incompris.
Difficilement contenue, ce 03 avril 2010, l’émotion du vieux combattant de la dignité Noire, le Révérend Jessy JACKSON, disciple de l’emblématique Martin Luther KING, était éloquente de la puissante charge symbolique que met la Diaspora Africaine Historique (DAH) dans ce Monument de Ouakam, dont nous devons faire l’étape finale de libération de cet esclavage, désormais réputé crime contre l’humanité, à l’initiative, en France, de Christiane TAUBIRA-DELANON, députée de Guyane, et, au Sénégal, Maître Abdoulaye WADE, chef de l’État.
Désormais, c’est toute l’Afrique qui habite en ce village d’Afrique qui a nom Sénégal, par ce monument prodigieux, dont les imperfections sont celles de toute œuvre humaine et n’affectent la grandeur ni de l’œuvre, ni du mérite d’un citoyen Africain qui a offert, en propriété spirituelle éternelle, une si belle ambition visible à tout un continent.
De la part du pays du Pharaon Noir, qui avait dédié sa vie et tout sacrifié à la cause d’une Afrique libre, unie et développée, il est attendu une Grande Téranga aux Africains de partout, dans cette noble tradition qui n’attache ni prix, ni dérisoire opportunité à la grandeur de l’honneur d’hôte, surtout qu’il s’agit des outragés de la Terre, qui clament au monde :
Lieux titrés en symboles
De credo et de convoitises,
Mais aussi infortunés témoins
De toutes ces infamies,
Sous vos yeux à présent
La Renaissance des outragés
Des vils labeurs sans gains
Et du coton et du jus de canne.
Assane Youssoufi DIALLO
Pour citer cet article
Droits d’auteur
©tous
droits réservés

Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire