Assane Y. DIALLO
En d’autres temps, le pronunciamiento des troufions de Kati aurait été
accueilli avec soulagement, comme celui du 17 février 2010 au Niger, mettant
alors un terme (attendu) à la dérive dictatoriale du président Tandja. Ici, il s’agirait du laxisme de Touré,
qui, depuis des années, a laissé le territoire de son pays devenir le
sanctuaire des criminels d’AQMI ; au point où, c’est son homologue de
Mauritanie, Ould Abdel Aziz, ci-devant général converti en président civil,
comme lui, qui venait faire le coup de feu jusqu’à l’intérieur du Mali pour y
détruire les nids des terroristes.
Dommageable laxisme
L'élégant ATT aux magnifiques bazins amidonnés a, certainement, été le seul à n’avoir pas vu les risques potentiels de
l’entrée d’une horde armée sur un territoire, dont il a fait le serment d’assurer
la sécurité et l’intégrité physique. Il n’était, pourtant, pas besoin d’être
général pour évaluer un tel risque.
Tout le monde a été ahuri de constater que l’armée du Mali n’en était une
que de nom, n’ayant, apparemment, pour qualité remarquable que la maitrise de l’art
des « retraits stratégiques », éparpillant pitoyablement ses troupes
dans les Etats voisins du Niger et de la Mauritanie.
Comme si ce comportement peu honorable de l’armée nationale ne suffisait
pas, voilà qu’un de ses capitaines vient accroitre la vacuité d’autorité, par
une lamentable et anachronique initiative de coup d’Etat, dont l’inopportunité,
à quelques semaines de l’élection d’un nouveau président de la République, n’atteste
ni de l’intelligence, ni du patriotisme et ni du civisme de ses auteurs. N’est
pas Sankara n’importe quel capitaine !
Ainsi donc, l’un et l’autre de ces militaires, aussi bien le général que le
petit capitaine, se sont comportés comme les meilleurs alliés objectifs des
destructeurs de leur partie, dont la population ne sait plus à quel saint se
vouer.
Mépris néocolonial
Mais, ils ne sont pas seuls. Il y a aussi l’OTAN, cette formidable Machine de
Destruction Massive, qui s’est trouvé, en la faible Libye du tonitruant et
gênant colonel, une guerre de proximité, facile, d’entretien d’activité de ses
effectifs et de ses matériels volants, ainsi que de promesses de juteux
contrats de reconstruction. En jetant ses missiles sur la fourmilière libyenne,
cette organisation aux multiples capacités d’analyse stratégique et d’anticipation,
l’on ne peut pas penser qu’elle ne savait pas que son action induirait les
effets destructeurs et durables dans toute la zone saharo-sahélienne d'un héritage colonial coupable de
frontières improbables et aux continuités humaines transfrontalières, irréductibles aux citoyennetés courantes.
Les maliens et l’Afrique sont endroit d’attendre une intervention
réparatrice de ces puissances de l’OTAN,
dont l’interventionnisme empressé a traité par le mépris l’Union Africaine et sa
sage volonté de médiation, économe de vies humaines et de destruction d’Etats.
Palabres, palabres
De son côté, une fois n’est pas coutume, la CEDEAO montre ses muscles pour
mettre un terme à la farce tragique du petit capitaine de Kati, à défaut de
courage pour se battre au front, a jeté son dévolu sur la petite colline de
Koulouba, vite désertée par son général de locataire institutionnel.
Mais, l’un dans l’autre, les jours et les semaines se suivent et l’incertitude
sur l’avenir de leur pays grandit dans le cœur de chaque malien et de chaque
malienne, qui voient fondre comme neige au soleil de ce désert de l’Azawad,
lequel s’estompe progressivement à leur vue, pendant que palabrent à grand
frais les irresponsables qui ont la prétention de les gouverner.
« le MALI, TOUT LE MONDE S’EN
FOUT ». Aujourd’hui, les Maliens s’en rendent compte. Dans cette épreuve
capitale de risque élevé de scission de leur patrie, ceux qui auraient dû, par
fonction et vocation, activer une initiative armée énergique d’urgence pour
éteindre l’incendie, donnent l’affligeant spectacle de comédiens insouciants
sur une scène sanglante.
Il y a, au moins, un qui avait eu le tort d'avoir raison, c'est Kadhafi, qui n'avait de cesse de prôner la constitution d'une armée continentale et de porter avec force le projet des Etats-Unis d'Afrique. Car, on le voit au grand Nigeria, aucun de ces Etats d'Afrique, faméliques et vulnérables, n'est à l'abri de l'entreprise de destruction de la part du plus petit groupe de malfaiteurs. Peut-être comprendront-ils que le drapeau national, à lui seul, ne suffit pas à pérenniser leur existence en contexte des frontières héritées de la colonisation.
Unité vitale des nations
Il y a, au moins, un qui avait eu le tort d'avoir raison, c'est Kadhafi, qui n'avait de cesse de prôner la constitution d'une armée continentale et de porter avec force le projet des Etats-Unis d'Afrique. Car, on le voit au grand Nigeria, aucun de ces Etats d'Afrique, faméliques et vulnérables, n'est à l'abri de l'entreprise de destruction de la part du plus petit groupe de malfaiteurs. Peut-être comprendront-ils que le drapeau national, à lui seul, ne suffit pas à pérenniser leur existence en contexte des frontières héritées de la colonisation.
A bon entendeur, salut !
Toute reprise de cet article ainsi que de l'illustration doit indiquer la référence de l'auteur
Assane Youssoufi Diallo
adyusufi812@gmail.com

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